Le Soleil à beau caresser ma peau, je ne sens que les
UV qui me cuisinent un cancer. Les nuages ont beau
paraître si doux au toucher, je n'aspire qu'à sa
composition de pollution. Les gens sont bons? Je ne
vois que des agresseurs. La vie belle? Elle me fait
peur. J'm'assois dans l'herbe avec ce sentiment d'être
observée, un être malveillant qui me regarde et se
délecte, attendant le bon moment pour venir me
dépouiller de ce reste d'innocence que je séquestre,
bailloné dans mes bras. Mes genoux claquent et
craquent, mes doigts griffent la terre marquant de
leur emprunte la douleur que j'incarne. Mes yeux
sont secs, tellement secs, que mes paupières qui se
ferment crissent sur la surface de mes globes
occulaires. Les animaux réagissent et me grondent
du regard, c'est que j'fais du boucan, quand va t-elle
retourner à sa ville et sa technologie celle-là?! Une
biche m'observe étrangement, une patte en l'air. Elle
se demande si moi aussi, je vais essayer de
l'approcher, de la traquer, la tuer pour ensuite
l'arborer et me venter d'avoir hôté une vie. J'lui souris.
Mes dents sont intactes et aiguisées mais je préfère
mordre, déchiqueter la peau d'humains impurs, me
délecter de cette chair au goût d'hypocrisie,
d'égoïsme et de non intêré. Mes jambes me portent
lourdement. Je me demande quand vont-elles, elles
aussi, m'abandonner. Machinalement, un pas devant
l'autre, battant le sol d'une mesure casi parfaite,
mon esprit vagabonde, me dicte que ce monde est
à refaire. Mon âme, quand à elle, me sussure qu'il
devrait disparaitre.
tout sentiment. Et c'est super lourd.
Comment arrive t-on à me qualifier
de rayonnante?




